À quoi sert l'étiquette de traçabilité
Elle permet de relier une unité physique à son historique de production et à ses destinataires. Le règlement (CE) n°178/2002 impose de pouvoir identifier, pour toute denrée, le fournisseur amont et le client aval — le fameux principe « one step back, one step forward ».
Conséquence directe : la granularité de l'étiquette détermine la granularité du retrait. Un lot journalier fait retirer une journée de production ; un lot mensuel fait retirer un mois.
Mentions à porter sur l'étiquette
| Mention | Statut | Remarque |
|---|---|---|
| Dénomination du produit | Obligatoire | Dénomination légale, pas seulement commerciale |
| Numéro de lot | Obligatoire | Précédé de la lettre « L » si non évident |
| DLC ou DDM | Obligatoire | Avec température de conservation pour la DLC |
| Identification du fabricant | Obligatoire | Raison sociale, adresse, agrément sanitaire si requis |
| GTIN / EAN | Recommandé | Indispensable pour la diffusion aux distributeurs |
| Quantité nette | Obligatoire (préemballé) | Unité de mesure légale |
| Origine | Selon filière | Viandes, lait, miel, fruits et légumes notamment |
Construire un numéro de lot exploitable
Un bon numéro de lot est court, lisible et déchiffrable sans documentation interne. Exemple :
L26213-A2-03
| | | |
| | | +-- rang de palette ou d'équipe
| | +------ ligne de production A, poste 2
| +----------- jour julien 213 de l'année 2026
+-------------- préfixe de lot- Un lot par jour et par ligne au minimum : le mois de production est trop grossier.
- Éviter les caractères ambigus (O/0, I/1) sur les impressions jet d'encre.
- Vérifier la lisibilité après passage en froid négatif ou en zone humide.
- Conserver la table de correspondance lot → matières premières → clients livrés.
Codes-barres : GS1-128 et DataMatrix
Les identifiants de données GS1 permettent d'encoder plusieurs informations dans un seul symbole, lisible en réception et en réserve :
- (01) GTIN de l'unité
- (10) numéro de lot
- (17) date limite (AAMMJJ)
- (37) nombre d'unités contenues
Un scan unique suffit alors à confirmer si une unité entre dans le périmètre d'un retrait — au lieu d'une lecture visuelle sujette à erreur sur des centaines de références.
Cinq erreurs qui élargissent un rappel
- Lot trop large — un lot mensuel transforme un incident d'une heure en rappel de plusieurs semaines de production.
- Lot absent sur le suremballage — impossible d'identifier une palette sans ouvrir les colis.
- Rupture entre lot fournisseur et lot interne — la traçabilité amont est perdue au reconditionnement.
- GTIN non renseigné — les distributeurs ne peuvent pas rapprocher automatiquement l'alerte de leurs stocks.
- Impression illisible — date effacée ou décalée hors zone de lecture.
Vérifications avant mise en production
- Contrôle de lisibilité et de contraste du lot et de la date sur chaque format.
- Test de lecture des codes GS1 en réception simulée.
- Vérification annuelle par un exercice de traçabilité ascendante et descendante.
- Archivage des maquettes d'étiquettes par version et par période d'utilisation.
Questions fréquentes
- Quelles mentions doit comporter une étiquette de traçabilité ?
- Au minimum : la dénomination du produit, le numéro de lot, la date (DLC ou DDM), l'identification du fabricant ou du conditionneur, et selon le cas le GTIN/EAN, la quantité et la température de conservation.
- Le numéro de lot est-il obligatoire ?
- Oui, sauf exceptions limitées. Le lot est l'unité de base de la traçabilité : sans lot, un retrait doit être élargi à toute la référence, ce qui multiplie le coût et l'impact de l'événement.
- Faut-il un code-barres GS1 pour tracer ses lots ?
- Ce n'est pas une obligation légale générale, mais le GS1-128 ou le GS1 DataMatrix permet d'encoder GTIN, lot et date dans un seul symbole lisible automatiquement, ce qui accélère considérablement le blocage en entrepôt et en magasin.
- Comment relier une étiquette fournisseur à une référence interne distributeur ?
- Par une table de transcodification GTIN vers référence catalogue. Evertrack R2 gère cette correspondance par catalogue et par lieu, afin que chaque magasin reçoive le code article qu'il utilise réellement.
